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Retraites : petite entaille dans le bouclier fiscal
18/05/2010

 

Dans son document d'orientation sur la future réforme, la taxation des hauts revenusvoulue par le gouvernement tient plus du symbole. Il fait réagir, à gauche comme à droite.


Pour les retraites, « même les riches contribueront », avait promis Nicolas Sarkozy. Cette déclaration avait suscité des spéculations sur la remise en cause du bouclier fiscal. Elles ont (un tout petit peu) pris corps dans le document remis aux partenaires sociaux, dimanche soir, dessinant les contours de la réforme des retraites. La future« taxation sur les hauts revenus et les revenus du capital » ne donnera pas droit à restitution au titre du bouclier fiscal.


La mesure était nécessaire du point de vue de l'équité fiscale, même si elle ne rapportera que deux à trois milliards d'euros. « C'est un leurre pour faire passer la pilule », dénonce Martine Aubry, la secrétaire nationale du PS, qui fera des contrepropositions aujourd'hui. « Une mesure symbolique sans logique fiscale », pour l'économiste Henri Sterdyniak.


« Il n'est pas mort »


L'abondement du Fonds de solidarité vieillesse, par cet effort demandé aux plus aisés, ressemble pourtant bien à un coup de canif dans la mesure phare la plus contestée du début du quinquennat Sarkozy qui limite les impôts directs payés par un contribuable à 50 % de ses revenus.


Pour autant, « le bouclier fiscal n'est pas mort, lance Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée. Je dis juste que c'est une entaille qui a du sens. » « Il n'aurait pas été plus compliqué et plus malsain de faire monter à 52 % le bouclier fiscal. Ça aurait été plus direct, plus simple, plus transparent, plus honnête », avance Hervé Mariton (UMP), le député villepiniste de la Drôme.


Cette orientation a fait couler beaucoup d'encre, hier, à gauche comme à droite. Mais aussi symbolique soit-elle, ce n'est qu'une parmi d'autres (lire ci-dessous) dans la réforme des retraites, loin d'être bouclée. Le gouvernement s'est engagé à ramener les régimes des retraites à l'équilibre, à l'horizon 2020-2030. Pour y parvenir, il mise notamment sur l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite complète et/ou le recul de l'âge légal de la retraite au-delà de 60 ans. Mais sans trancher, à ce stade des discussions.


Alors que les simulations du Conseil d'orientation des retraites montrent que les recours à ces deux leviers ne suffiront pas à atteindre l'objectif, depuis hier soir, les syndicats, à la lecture du document, considèrent de concert que « c'est la fin de la retraite à 60 ans ».


L'élastique risque-t-il de se tendre, dès aujourd'hui, au cours des rencontres entre Éric Woerth, le ministre du Travail, et les partenaires sociaux ? L'entaille dans le bouclier fiscal ne suffira pas, en tout cas, à atténuer le sentiment général qui prédomine dans les syndicats et partis de gauche, à savoir « de nouveaux sacrifices demandés aux salariés et aux retraités ».


Pierre CAVRET.
 

 

Fonte: Ouest France