Notícias do Front

Rock Chinês
29/04/2010

Le rock chinois a la langue bien pendue

Musique jeudi 29 avril 2010 Trente ans après son débarquement surprise en Chine, le rock a toujours la langue aussi bien pendue. Figurez-vous qu’il est arrivé dans l’Empire du Milieu par conteneurs entiers, remplis de cassettes de rock et de variétés que les Majors occidentales destinaient au recyclage dans je ne sais quelle usine de Canton ou de Sanghaï.

 

Évidemment, certains de ces conteneurs ont échappé au contrôle des douaniers et leur contenu a été vendu au marché noir à de jeunes chinois impatients de s’affoler aux vibrations de la musique occidentale. Ils ont écouté tout ce qui leur tombait sous l’oeille, Abba comme les Beatles, Led Zeppelin comme Supertramp, les Sex Pistols comme Dylan.

 

Les premiers groupes chinois, fin des années 1980, ont été nourris au son nasillard de ces cassettes détournées. A Pékin, il existe aujourd’hui près de trois cents formations dont deux cents jouent régulièrement. Chaque semaine, on recense une quinzaine de concerts dans des bars, des clubs comme le D-22, fondé par Michael Pettis, « professeur de finance le jour à la prestigieuse université de Pékin et parrain du rock chinois la nuit ».

 

Le rock chinois possède encore le versant caustique, voire rebelle, après lequel il court en Occident. « Des choses qu’on ne peut pas dire dans les médias, on peut le dire de façon artistique, observe Jian Cui, l’un des critiques rock les plus écoutés. Cette musique redonne le plaisir d’être ensemble. Les concerts, c’est peut-être le seul moyen aujourd’hui de réunir 200 ou 300 personnes pour réfléchir et discuter. »

 

Jian Cui conseille d’écouter Carsick Cars, deux garçons, une fille pour un son pop noise efficace (ils étaient en tournée dans les clubs américains début avril). Ou encore Zuoxiao ZuZhou, qui sème ses morceaux d’extraits de discours d’hommes politiques, « par ironie bien sûr ».

Marc PENNEC.